Pourquoi presque personne ne répond à cette question
Cherchez le prix d’un site internet et vous tomberez sur des pages entières qui tournent autour du sujet sans jamais donner un chiffre. « Cela dépend de vos besoins », « chaque projet est unique », « contactez-nous pour un devis personnalisé ». C’est vrai, et c’est en même temps une façon commode de ne rien dire.
Le réflexe se comprend : un prix affiché engage, et il est plus confortable de garder la main jusqu’au rendez-vous. Mais il produit exactement l’inverse de ce qu’on cherche. Un dirigeant qui ne trouve aucun repère ne prend pas rendez-vous « pour voir » : il referme l’onglet, et il retient que le métier manque de transparence.
Nous préférons donner des ordres de grandeur. Ils ne remplacent pas un devis — un chiffre juste demande de comprendre votre activité — mais ils vous permettent de savoir, avant même de nous écrire, si nous jouons dans le même budget que vous. C’est du temps gagné des deux côtés.
Les fourchettes, par type de projet
Un site vitrine sur mesure démarre à partir de 1 500 €. À ce niveau, on parle d’un site de quelques pages, entièrement dessiné pour vous, sans template acheté : présentation de l’activité, pages de services, formulaire de contact, bases techniques du référencement posées dès la conception. C’est le format qui convient à la majorité des artisans, commerçants et professions libérales.
Une boutique en ligne se situe plutôt entre 5 000 et 12 000 €. L’écart est large parce qu’un e-commerce n’est pas un site avec un bouton « acheter » : il faut gérer un catalogue, des variantes, des stocks, la livraison, les paiements, les emails automatiques, la facturation, et un tunnel de commande qui ne perd pas le client en route. Chacun de ces blocs représente du travail réel.
Une refonte se chiffre entre les deux, selon ce qui est récupérable. Un site dont les contenus sont solides et l’arborescence saine coûte nettement moins cher à reprendre qu’un site où tout est à reconstruire — y compris les textes.
Ces montants sont indicatifs et ne constituent pas une offre. Ils vous donnent un ordre de grandeur, pas un prix ferme : celui-ci ne peut être établi qu’après un échange sur votre situation.
Ce qui fait réellement varier le budget
Le nombre de pages compte moins qu’on ne le croit. Dix pages qui reprennent la même structure demandent peu de travail supplémentaire une fois le système de design construit. Ce qui coûte, ce sont les pages qui sortent du moule : une page dont la mise en page n’existe nulle part ailleurs se conçoit, se dessine et s’intègre comme un projet miniature.
Les fonctionnalités pèsent bien plus lourd. Une prise de rendez-vous en ligne, un espace client, un moteur de recherche interne, une connexion à votre logiciel de gestion : chacun de ces éléments ajoute de la conception, du développement et des tests.
Le contenu est le poste le plus sous-estimé. Un client qui arrive avec ses textes rédigés et ses photos professionnelles fait avancer son projet vite. Celui qui n’a ni l’un ni l’autre découvre que la rédaction et la production d’images sont des métiers, qu’il faudra confier à quelqu’un et donc financer.
Enfin, le sur-mesure s’oppose au template. Un thème acheté coûte quelques dizaines d’euros et ressemble à des milliers d’autres sites ; il embarque un code prévu pour tous les usages possibles, donc lourd, et vous serez contraint par ses limites. Le sur-mesure coûte plus cher au départ et n’a de sens que si votre image ou vos besoins le justifient. Pour certaines activités, un template bien choisi suffit — nous le disons quand c’est le cas.
Le coût que l’on oublie : ce qui vient après la mise en ligne
Un site n’est pas un achat unique, c’est un objet vivant. Trois postes récurrents s’ajoutent au budget de création, et mieux vaut les connaître avant de signer.
Le nom de domaine coûte une dizaine d’euros par an. L’hébergement, pour un site vitrine, se situe autour de trente à cinquante euros par an chez un hébergeur sérieux. Ce sont des montants faibles, mais ils sont annuels et personne ne devrait les découvrir après coup.
La maintenance est le poste variable. Comptez à partir de 49 € par mois pour un suivi courant : mises à jour de sécurité, sauvegardes, surveillance de disponibilité, petites corrections. Ce n’est pas obligatoire, mais un site laissé sans mise à jour pendant deux ans devient une porte d’entrée pour les attaques — et le remettre en état coûte souvent plus cher que l’abonnement qu’on a voulu éviter.
Attention à ne pas confondre cette maintenance avec une tout autre offre : le site vendu en abonnement. Si l’on vous propose un site « à partir de 29 € par mois sans apport », il ne s’agit pas d’entretenir un site qui vous appartient, mais de louer un site qui ne vous appartiendra jamais. Vérifiez ce que vous possédez au bout de trois ans : dans beaucoup de ces formules, vous aurez payé plus cher qu’un site acheté comptant, et vous repartirez les mains vides le jour où vous voudrez changer de prestataire.
Les devis qui doivent vous alerter
Un devis à 500 € pour un site « complet » ne peut pas contenir de conception. À ce prix, c’est un template installé et rempli avec vos textes — ce qui est une offre parfaitement honnête si elle est présentée comme telle, et un problème si on vous vend du sur-mesure.
Un devis d’une seule ligne est un mauvais signe. « Création de site internet : 4 500 € » ne vous dit ni ce qui est inclus, ni ce qui ne l’est pas, ni combien coûtera la page supplémentaire que vous demanderez au troisième mois. Un devis sérieux détaille le périmètre, nomme les livrables et dit ce qui en est exclu.
Enfin, une agence qui accepte tout sans poser de questions ne vous rend pas service. Si personne ne vous demande qui sont vos clients, ce que le site doit provoquer chez eux et comment vous mesurerez que ça marche, alors personne ne conçoit — on exécute une commande. La différence se voit six mois plus tard, quand le site est joli mais n’apporte rien.
Combien de temps, et comment cela se règle
Un site vitrine demande généralement trois à cinq semaines entre le lancement et la mise en ligne. Le facteur qui allonge le plus ce délai n’est presque jamais technique : c’est la disponibilité des contenus et le temps de validation. Un projet où les retours arrivent en trois jours avance deux fois plus vite qu’un projet où ils prennent trois semaines.
Le règlement se fait habituellement en deux ou trois fois, avec un acompte de l’ordre de 30 à 40 % au démarrage et le solde à la livraison. Cet acompte n’est pas une marque de défiance : il engage les deux parties et réserve le temps de travail dans le calendrier.
Un point mérite d’être écrit noir sur blanc dans le devis : le nombre de séries de retours incluses. Sans cette précision, les allers-retours peuvent s’étirer indéfiniment, et c’est la source de tension la plus fréquente sur ce type de projet.
Ce que vous achetez vraiment
À la fin, la question n’est pas « combien coûte un site » mais « qu’est-ce que j’obtiens pour ce montant ». Un site à 1 500 € qui vous amène deux clients par mois est un investissement. Un site à 500 € que personne ne trouve est une dépense.
Vérifiez trois choses avant de signer, quel que soit le prestataire. Que le code et les contenus vous appartiennent une fois le solde réglé. Que vous pouvez récupérer votre site et vos données pour aller ailleurs, sans négociation. Et que vous savez qui répond, et sous quel délai, le jour où quelque chose casse.
Ces trois points ne coûtent rien à garantir quand on travaille correctement. Refuser de les écrire en dit long. Nous les mettons dans nos devis, et nous vous encourageons à les exiger de n’importe quelle agence que vous consulterez, y compris à la place de la nôtre.